"Maintenant, il va falloir apprendre à marcher droit ! Homme, deviens ce que tu es" Ainsi parla Zarathoustra, F. Nietzsche
vendredi 31 décembre 2010
Copie conforme (film de Abbas Kiarostami)
jeudi 30 décembre 2010
Des hommes et des dieux (film de Xavier Beauvois)
mercredi 29 décembre 2010
Amore (film de Luca Guadagnino)
mardi 28 décembre 2010
The Social Network (film de David Fincher)
lundi 27 décembre 2010
Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (film de Woody Allen)
Malgré tout, Woody Allen est toujours drôle et on est sûr de passer un bon moment en sa compagnie !
dimanche 26 décembre 2010
Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) (film de Apichatpong Weerasethakul)
Dans ce film, les scènes se succèdent et il ne se passe rien, à part l'ennui.
samedi 25 décembre 2010
Une nuit en enfer (film de Robert Rodriguez)
(titre original : From Dusk Till Dawn)
vendredi 24 décembre 2010
Les Rois mages (chant de Noël par Faïrouz)
La grande dame de la chanson arabe, Faïrouz, chante sur l'air de l'Arlésienne de Georges Bizet un chant de Noël en arabe.
ملوك المجوس بليلة الميلاد و التلج مغطيلن تيجانن
لحقوا عالطريق بنجمة الميلاد لعند الطفل اللي أسمو يسوع
معهن بخور و دهب و حرير و أساميهن كتبوها فوق سيوفهن
جايي الليلة ملوك المجد لعند الملك اللي أسمو يسوع
شافوا طفل عا كومة قش و حدو إمو عم بتصلي
تركوا السيف و شالوا التاج و حنيوا روسن للملك الإله
و النجمي تضوي فوق الباب و المغارة صارت تشبه سما صغيري
وقفوا على باب الرعيان يصلوا يصلوا للملك الإله
jeudi 23 décembre 2010
L'épicier Karabet (Nazim Hikmet)
Le citoyen arménien n'a jamais pardonné
Que l'on ait égorgé son père
Sur la montagne kurde
Mais il t'aime,
Parce que toi non plus tu n'as pas pardonné
A ceux qui ont marqué de cette tache noire
Le front du peuple turc. "
mercredi 22 décembre 2010
L'heure du cru (roman de Azza Filali)
Car chez elle, le plaisir de la langue est certain, mais encore faut-il aimer ce vocabulaire recherché et avoir un dictionnaire à portée de main. De plus, bien que ayant lieu à Tunis, L'heure du cru aurait pu très bien se passer à Paris ou à Bengalore. J'ai eu l'impression que le récit vole au-dessus de la réalité des personnages, sans jamais l'atteindre. Pour s'en rendre compte, il faut essayer de traduire les dialogues en arabe tunisien (langue dans laquelle ils sont censés se dérouler). Cela donne un résultat assez invraisemblable.
L'intrigue raconte la fugue d'un adolescent et la panne littéraire d'un écrivain. Le croisement des deux destins a de quoi bousculer certaines vies rangées autour d'eux...
Notons enfin, une excellente édition, très soignée, de la maison elyzad.
mardi 21 décembre 2010
Onze minutes (roman de Paulo Coelho)
lundi 20 décembre 2010
A Serious Man (film de Ethan et Joel Coen)
dimanche 19 décembre 2010
The Genius Of The Crowd (poème par Charles Bukowski)
Traduction de la version courte en français, trouvé sur le net (ici). Voir plus bas une version plus longue en anglais :
Il y a assez de traitrise, de haine, de violence,
D'absurdité dans l'être humain moyen
Pour approvisionner à tout moment n'importe quelle armée
Et les plus doués pour le meurtre sont ceux qui prêchent contre
Et les plus doués pour la haine sont ceux qui prêchent l'amour
Et les plus doués pour la guerre - finalement - sont ceux qui prêchent la paix
Méfiez-vous
De l'homme moyen
De la femme moyenne
Méfiez-vous de leur amour
Leur amour est moyen, recherche la médiocrité
Mais il y a du génie dans leur haine
Il y a assez de génie dans leur haine pour vous tuer, pour tuer n'importe qui
Ne voulant pas de la solitude
Ne comprenant pas la solitude
Ils essaient de détruire
Tout
Ce qui diffère
D'eux
Etant incapables
De créer de l'art
Ils ne comprennent pas l'art
Ils ne voient dans leur échec
En tant que créateurs
Qu'un échec
Du monde
Etant incapables d'aimer pleinement
Ils croient votre amour
Incomplet
Du coup, ils vous détestent
Et leur haine est parfaite
Comme un diamant qui brille
Comme un couteau
Comme une montagne
Comme un tigre
Comme la ciguë
Leur plus grand art.
Version longue, en anglais :
there is enough treachery, hatred violence absurdity in the average
human being to supply any given army on any given day
and the best at murder are those who preach against it
and the best at hate are those who preach love
and the best at war finally are those who preach peace
those who preach god, need god
those who preach peace do not have peace
those who preach peace do not have love
beware the preachers
beware the knowers
beware those who are always reading books
beware those who either detest poverty
or are proud of it
beware those quick to praise
for they need praise in return
beware those who are quick to censor
they are afraid of what they do not know
beware those who seek constant crowds for
they are nothing alone
beware the average man the average woman
beware their love, their love is average
seeks average
but there is genius in their hatred
there is enough genius in their hatred to kill you
to kill anybody
not wanting solitude
not understanding solitude
they will attempt to destroy anything
that differs from their own
not being able to create art
they will not understand art
they will consider their failure as creators
only as a failure of the world
not being able to love fully
they will believe your love incomplete
and then they will hate you
and their hatred will be perfect
like a shining diamond
like a knife
like a mountain
like a tiger
like hemlock
their finest art
samedi 18 décembre 2010
Identité (Jean Frémon)
vendredi 17 décembre 2010
Vers l'âge d'homme (roman de J. M. Coetzee)
jeudi 16 décembre 2010
L'autre c'est moi
Par une belle matinée d'hiver je sors de chez moi pour aller travailler. Il est huit heures passées et avant de prendre le métro je passe au bureau de poste de mon quartier. Je perds un bon quart d'heure à faire la queue pour constater ensuite qu'ils ont tout simplement perdu le colis que j'attendais. Je me dépêche donc d'aller à la station de métro la plus proche. Je prends la première rame qui passe. Une station après, juste à la station où j'ai l'habitude de prendre mon métro chaque matin, je le vois monter. J'hésite à lui parler. Qu'est-ce que je vais lui dire ? "Tu es moi" ? Il ne me croira pas. "Tu étais à la poste à l'instant même, je le sais car je suis toi ?".
Il va me prendre pour un fou. Je le laisse poursuivre sa route. Je glisse à l'extérieur du métro dès la station d'après. Heureusement, personne ne remarque la ressemblance entre nous deux. Comme il va travailler à ma place, alors je pourrai chercher autre chose pour occuper ma belle matinée d'hiver.
mercredi 15 décembre 2010
Un panthéon pour les professeurs
parue en 1946 pour son roman
Le Meilleur des mondes
mardi 14 décembre 2010
Le Meilleur des mondes (roman de Aldous Huxley)

Dans ce roman, Aldous Huxley imagine que dans le futur, le visage du monde va radicalement changer. On fabriquera les humains dans des usines et la procréation par voie naturelle sera immorale, voire illégale. Une longue scène au début du livre décrit le long processus de fabrication des êtres humains dans une usine, près de Londres. Cette manière de fabriquer les humains permet entre autres d'en faire des classes sociales bien distinctes par leurs capacités physiques et intellectuelles. Ainsi, on trouvera des Alpha, des Bêta, des Gamma, des Delta et des Epsilon. Dans ce monde, il vaut mieux être un Alpha-plus qu'un Epsilon semi-avorton !
L'intrigue tourne autour d'un sauvage (né par des moyens plus classiques, en dehors du monde civilisé) qui se retrouve au milieu de la civilisation. Aldous Huxley fait des projections pessimistes sur le devenir de la race humaine, et il se demande au début du livre si la question n'est pas plutôt d'éviter la réalisation définitive des utopies, et non comment les réaliser.
Malgré la valeur intellectuelle incontestable de ce roman, et malgré des prouesses stylistiques certes prodigieuses de son auteur (jouant sur des références littéraires en anglais, difficilement traduisibles en français), j'ai personnellement trouvé ce roman un peu ennuyeux. Je pense que nous avons vu tellement de films de science-fiction dans notre enfance qu'à côté de cela un roman écrit il y a 80 ans paraît tellement lent...
lundi 13 décembre 2010
L'étrange histoire d'Emile Ajar
En 1974 Romain Gary publie non pas un mais deux livres sous 2 pseudonymes différents : Shatan Bogat et Emile Ajar ! Et contrairement à Bogat qui n'a pas survécu, Ajar lui, continue d'exister sans que personne ne fasse le lien avec Romain Gary. Pendant six ans, Gary a continué à tirer les ficelles dans l'ombre en créant le personnage public d'Emile Ajar. A côté de son oeuvre officielle (en français et en anglais), Gary écrit des romans pour Emile Ajar et au même temps il invente sa biographie. Il crée simultanément l'œuvre et le romancier. Car Emile Ajar était un personnage comme n'importe quel personnage de roman, sauf qu'il était un personnage réel qui a vécu dans la vraie vie. Il a gagné le Goncourt et a donné des interviews à des journalistes. Il a même un visage, celui de Paul Pavlowitch.
Romain Gary ne dévoile le mystère qu'après sa mort dans un livre posthume, "Vie et mort d'Emile Ajar". Pavlowitch, qui lui n'a jamais rien écrit ni publié de sa vie, écrira aussi sa version de l'histoire, "L'Homme que l'on croyait".
Grâce à cette mystification, Romain Gary est devenu le seul écrivain à avoir obtenir le Goncourt 2 fois (cela est interdit dans le règlement de ce prix). Il a réussi à créer un personnage qui n'était rien d'autre qu'un autre écrivain, plus jeune et aussi talentueux. Il a réussi l'ultime prouesse à laquelle un écrivain peut prétendre : l'acte de créer, comme une dernière boutade à la vie, avant de rejoindre l'éternité.
dimanche 12 décembre 2010
Définition du roman, par Milan Kundera
"Roman. La grande forme de la prose où l'auteur, à travers des ego expérimentaux (personnages), examine jusqu'au bout quelques thèmes de l'existence."
samedi 11 décembre 2010
Machete (film de Robert Rodriguez et Ethan Maniquis)
vendredi 10 décembre 2010
Vous revoir (roman de Marc Levy)
(Avertissement : si vous êtes fan de Marc Levy, merci de ne pas lire ce qui va suivre).
Je sais maintenant que je ne lirai plus Marc Levy. Maintenant je sais en parler parce que je l'ai lu ! Du reste, je garderai un souvenir tendre de cette première page qui m'a beaucoup touché. Cette page n'était pas écrite de la main de Marc Levy, mais d'une parfaite inconnue.
jeudi 9 décembre 2010
Inception (film de Christopher Nolan)
Bien qu'il soit à la hauteur de sa réputation, il n'en reste pas moins une grosse production hollywoodienne. Ce que j'ai personnellement regretté dans ce rêve qui dure deux heures et demie, c'est le manque de profondeur intellectuelle. En effet, le thème choisi aurait pu donner lieu à toutes sortes de digressions philosophiques et psychologiques sur les manifestations de l'inconscient et sur le rôle des rêves dans nos vies. Mais comme souvent, le spectaculaire, a primé sur tout le reste...
mercredi 8 décembre 2010
Shutter Island (film de Martin Scorsese)
to live as a monster or die as a good man?"
mardi 7 décembre 2010
L'autonomie du roman (extrait de Le monde romanesque de Milan Kundera, de Kvetoslav Chvatik)
"La connaissance que transmets le roman n'existe pas avant sa création ni en dehors de sa forme concrète ; on ne peut pas la transposer sur un autre niveau discursif, c'est-à-dire dans le langage de la philosophie, de la sociologie ou d'un essai critique. L'interprétation critique du sens d'une œuvre romanesque demeure toujours exclusivement l'orientation personnelle vers une certaine lecture de l'œuvre. - Le sens intégral du roman ne se confond pas avec les idées et les conceptions de l'auteur telles qu'ils les exprime dans des essais, des articles, sa correspondance ou des entretiens. Le romancier n'illustre pas dans son œuvre une théorie particulière comme l'essayiste, il n'est pas non plus fasciné par son expérience subjective et par ses propres créations langagières comme le poète, il se laisse plutôt guider par la logique de ses personnages et de leur histoire, par la logique de la forme romanesque. Intuitivement et par tâtonnements, à l'aide de la forme romanesque, il dévoile et modèle toujours de nouveaux aspects de l'existence humaine."
lundi 6 décembre 2010
Uzun İnce Bir Yoldayım (chanson de Aşık Veysel)

Aşık Veysel était un poète, chanteur, compositeur et joueur de saz (instrument traditionnel turc). Il était aveugle dès son plus jeune âge et à la fin de sa vie il était devenu un symbole national pour les Turcs.
A noter que "Aşık" (troubadour) a une origine arabe : عاشق .
J'ai connu cette chanson en mars 2009, lors d'une soirée inoubliable dans un bar à Istanbul, pas loin d'Istiklal Caddesi...
dimanche 5 décembre 2010
samedi 4 décembre 2010
Autobiographie (poème de Nazîm Hikmet)

Ses poèmes respirent la vie et la liberté. De la simplicité de ses vers se dégage une beauté innocente, qui a inspiré nombre de poètes arabes, parmi lesquels figure Nizar Qabbani.
Je suis né en 1902
Je ne suis jamais revenu dans ma ville natale
Je n'aime pas les retours.
A l'âge de trois ans à Alep, je fis ma profession de petit-fils de pacha
à dix-neuf ans, d'étudiant à l'université communiste à Moscou
à quarante-neuf ans à Moscou, d'invité du Comité Central,
et depuis ma quatorzième année, j'exerce le métier de poète
Il y a des gens qui connaissent les diverses variétés de poissons
moi celles des séparations.
Il y a des gens qui peuvent citer par coeur le nom des étoiles,
moi ceux des nostalgies.
J'ai été locataire et des prisons et grands hôtels,
J'ai connu la faim et aussi la grève de la faim et il n'est pas de mets dont j'ignore le goût.
Quand j'ai atteint trente ans on a voulu me pendre,
à ma quarante huitième année on a voulu me donner le Prix mondial de la Paix
et on me l'a donné.
Au cours de ma trente-sixième année, j'ai parcouru en six mois quatre mètres carrés de béton.
Dans ma cinquante-neuvième année j'ai volé de Prague à La Havane en dix-huit heures.
Je n'ai pas vu Lénine, mais j'ai monté la garde près de son catafalque en 1924.
En 1961 la mausolée que je visite, ce sont ses livres.
On s'est efforcé de me détacher de mon Parti
ça n'a pas marché
Je n'ai pas été écrasé sous les idoles qui tombent.
En 1951 sur une mer, en compagnie d'un camarade, j'ai marché vers la mort.
En 1952, le coeur fêlé, j'ai attendu la mort quatre mois allongé sur le dos.
J'ai été fou de jalousie des femmes que j'ai aimées.
Je n'ai même pas envié Charlot pour un iota.
J'ai trompé mes femmes
Mais je n'ai jamais médit derrière le dos de mes amis.
J'ai bu sans devenir ivrogne,
Par bonheur, j'ai toujours gagné mon pain à la sueur de mon front.
Si j'ai menti c'est qu'il m'est arrivé d'avoir honte pour autrui,
J'ai menti pour ne pas peiner un autre,
Mais j'ai aussi menti sans raison.
J'ai pris le train, l'avion, l'automobile,
La plupart des gens ne peuvent les prendre.
Je suis allé à l'opéra
la plupart des gens ne peuvent y aller et en ignorent même le nom,
Mais là où vont la plupart des gens, je n'y suis pas allé depuis 1921 :
à la Mosquée, à l'église, à la synagogue, au temple,
chez le sorcier,
mais j'ai lu quelquefois dans le marc de café.
On m'imprime dans trente ou quarante langues
Mais en Turquie je suis interdit dans ma propre langue.
Je n'ai pas eu de cancer jusqu'à présent,
On n'est pas obligé de l'avoir
je ne serai pas Premier ministre, etc.
et je n'ai aucun penchant pour ce genre d'occupation.
Je n'ai pas fait la guerre,
Je ne suis pas descendu la nuit dans les abris,
Je n'étais pas sur les routes d'exode,
sous les avions volant en rase-mottes,
mais à l'approche de la soixantaine je suis tombé amoureux.
En bref, camarade,
aujourd'hui à Berlin, crevant de nostalgie comme un chien,
Je ne puis dire que j'ai vécu comme un homme
mais le temps qu'il me reste à vivre,
et ce qui pourra m'arriver
qui le sait ?
Nâzim HIKMET
Berlin-Est, le 11 septembre 1961
vendredi 3 décembre 2010
Le Voyage d'Anna Blume (roman de Paul Auster)

Je préfère le titre en anglais : the Country of the last things. Car il s'agit en effet de raconter l'histoire des toutes dernières choses. Les dernières choses qui disparaissent pendant la chute d'une civilisation (la nôtre). Mais ce qui est vraiment étonnant, c'est que d'autres choses continuent d'exister. L'être humain révèle tous ses bons et ses mauvais côtés et la bêtise reste la même, autant que l'amour et la violence.
Pour les amoureux de Paul Auster, il ne s'agit sûrement pas de son meilleur roman, mais c'est une belle illustration de son style et de son talent.
jeudi 2 décembre 2010
Zdzisław Beksiński (artiste-peintre)

Ces tableaux dépeignent en général des paysages apocalyptiques, post-nucléaires, sans espoir. Impossible de rester indifférent devant tant de monstruosités. Certains tableaux particulièrement sombres donnent des frissons. Grâce à la magie d'internet, on peut visiter son musée virtuel à cette adresse : beksinski.dmochowskigallery.net
mercredi 1 décembre 2010
The Hollow men (poème de T. S. Eliot)

Son auteur, T. S. Eliot, est un américain qui a émigré en Grande-Bretagne et qui a obtenu le Prix Nobel de littérature en 1948. Il écrit ce poème très sombre en 1922, dans un contexte marquée par la fin de la première guerre mondiale. Il le publie dans un recueil intitulé The Waste Land (La Terre vaine).
Les images sont époustouflantes par leur noirceur. Aucune lueur d'espoir. On dirait un tableau de Beksinski...
Je publie ici la partie I du poème (il y a 5 parties mais la partie I est ma préférée), en français et en version originale en anglais.
Traduction en français :
Poème original, en anglais :Nous sommes les hommes creux
Les hommes empaillés
Cherchant appui ensemble
La caboche pleine de bourre. Hélas !
Nos voix desséchées, quand
Nous chuchotons ensemble
Sont sourdes, sont inanes
Comme le souffle du vent parmi le chaume sec
Comme le trottis des rats sur les tessons brisés
Dans notre cave sèche.Silhouette sans forme, ombre décolorée,
Geste sans mouvement, force paralysée ;Ceux qui s’en furent
Le regard droit, vers l’autre royaume de la mort
Gardent mémoire de nous – s’ils en gardent – non pas
Comme de violentes âmes perdues, mais seulement
Comme d’hommes creux
D’hommes empaillés.
We are the hollow men
We are the stuffed men
Leaning together
Headpiece filled with straw. Alas!
Our dried voices, when
We whisper together
Are quiet and meaningless
As wind in dry grass
Or rats’ feet over broken glass
In our dry cellar
Shape without form, shade without colour,
Paralysed force, gesture without motion;
Those who have crossed
With direct eyes, to death’s other Kingdom
Remember us—if at all—not as lost
Violent souls, but only
As the hollow men
The stuffed men.