samedi 26 mars 2011

Grenade







(17/11/2009)

J’arrive à Grenade à l’heure de la sieste. Le soleil refuse toujours de me voir et la ville retient son souffle. Ce n’est pas une ville qui se laisse prendre facilement, et les conquistadores en savent quelque chose. Boabdil, pas la peine de parle, pas la peine de t’expliquer. Trop tard. C’est fini. Je te déteste.

vendredi 25 mars 2011

Viens et mange moi !



Extrait de Sur l’interprétation des rêves, de C. G. Jung

Un rêve de poursuite signifie toujours : ceci me concerne. Rêver qu’un taureau furieux, un loup ou un lion vous poursuit indique que vs êtes directement mis en cause. Vs voudriez vous détacher de ce rêve, vous le ressentez comme un fait étranger à vous, ce qui contribue à accroître votre sentiment de danger, et le motif de votre frayeur en devient d’autan plus pressant. La meilleure attitude à avoir vis-à-vis de cet objet d’angoisse serait donc de lui dire : « S’il te plaît, viens et mange moi ! »

jeudi 24 mars 2011

La tombe qui m'était destinée





Ce n’est pas la première fois que Paul Auster utilise le motif de la tombe dans un roman. Déjà dans la Chambre dérobée (troisième roman de la Trilogie New-yorkaise), Fanshawe descend dans une tombe ouverte et ferme les yeux, tandis que la neige tombe en silence. Le jour même, son père est décédé. Dans Moon Palace, le père du narrateur meurt à cause d’une chute dans une tombe ouverte. Pour l’enterrer, le narrateur lui « offre » la tombe qui lui était destinée :

« En fait, j’ensevelis mon père dans la tombe qui m’était destinée. Eu égard à tout ce qui venait de se passer en quelques mois, cela me semblait la moindre des choses. »


Paul Auster, Moon Palace

mercredi 23 mars 2011

Le temps passe


C’est fou comme le temps passe. Je me retrouve encore une fois ici, le passé hante mon présent, tout comme toi, tout comme nous. Un goût amer dans la bouche et l’odeur de quelque chose de pourri qui flotte autour de mes souvenirs. Un jour on se réveille, la porte est fermée, et l’on est seul. Et le jour d’après, rien ne change. Le présent devient le passé et tout le monde parle du futur, comme si on ne l’avait jamais essayé. Et pourtant…

mardi 22 mars 2011

Moon Palace (roman de Paul Auster)




Il s’agit de trois histoires racontées de manière séquentielle qui racontent la vie de trois personnages : le narrateur lui-même, Marco Stanley Fogg, un vieux nommé Thomas Effing, et un professeur excentrique nommé Salomon Barber. Les liens ténus entre les trois histoires se densifient au fur et à mesure qu’on avance dans le roman.

Paul Auster traite ici ses sujets favoris : l’Amérique, la paternité, l’identité. Pour les fans : un chef-d’œuvre à consommer sans modération, pour les curieux, commencez par quelque chose de plus light !

lundi 21 mars 2011

Le chant du voyageur de nuit (Nietzsche)


Extrait de Ainsi parla Zarathoustra

Savez-vous ma chanson maintenant ? Avez-vous deviné ce qu’elle veut dire ? Allons ! En avant ! Hommes supérieurs, chantez à présent pour moi la chanson de ma ronde !

Chantez vous-mêmes la chanson dont le titre est « Encore une fois », et le sens « pour toute l’éternité », chantez, hommes supérieurs, la ronde de Zarathoustra !

Homme, prête l’oreille !

Que dit le minuit profond ?

« Je dormais, je dormais -,

« D’un rêve profond me voici réveillé : -

« - Le monde est profond,

« Et plus profond que le jour ne l’a cru,

« Profonde est sa douleur -,

« Et sa joie, plus profonde encore de ce qui lui crève le cœur :

« La douleur dit : Passe !

« Ma toute joie veut l’éternité -, « -veut la profonde, profonde éternité ! »

dimanche 20 mars 2011

Personne n’est jamais lui-même



"La vie de chaque homme est un chemin vers soi-même, l’essai d’un chemin, l’esquisse d’un chemin, l’esquisse d’un sentier. Personne n’est jamais parvenu à être entièrement lui-même ; chacun, cependant, tend à le devenir, l’un dans l’obscurité, l’autre dans plus de lumière, chacun comme il le peut."

Hermann Hesse, Demian

samedi 19 mars 2011

Demian (roman de Hermann Hesse)


C’est le deuxième livre que je lis de cet auteur allemand mal connu dans les pays francophones. Ce prix Nobel de littérature en savait des choses sur l’âme humaine et avait notamment connu le célèbre psychologue C. G. Jung. Dans ce livre, vous ferez connaissance avec le dieu Abraxas. Il est à noter que le groupe Santana a sorti un album intitulé Abraxas dans les années 1970, en hommage à ce dieu et en hommage à Hermann Hesse.

vendredi 18 mars 2011

Reprise imminente


Ce blog est resté inactif pendant longtemps pour cause de révolution en Tunisie. L’activité reprend imminemment sous peu, avec mes excuses à toutes et à tous.
 

samedi 1 janvier 2011

Bonne année




BONNE ANNEE 2011
A TOUS LES LECTEURS DE CE BLOG

Nous continuerons de rêver d'un monde meilleur.

vendredi 31 décembre 2010

Copie conforme (film de Abbas Kiarostami)


Il y a une scène dans ce film où tout bascule. Le spectateur est perdu : quelle est la réalité dans tout ça ? Est-ce que je n'ai rien compris depuis le début ? Une heure après le film se termine et l'on n'a pas de réponse. La magie est totale, Abbas Kiarostami a bien réussi son coup !

Juliette Binoche est complètement craquante, avec son air un peu maladroit, sa détresse de mère à la quarantaine qui cherche encore - toujours - l'amour. Notons qu'elle joue en plusieurs langues dans ce film : italien (l'action se déroule en Italie), français (elle est française et parle dans cette langue à son fils) et anglaise (l'homme qu'elle rencontre est anglais).

Abbas Kiarostami est obligé de s'exiler pour faire d'aussi bons films. Rappelons aussi que pendant cette fin d'année 2010 son confrère iranien, Jafar Panahi, non moins talentueux, a été condamné à 6 ans de prison et a été frappé d'interdiction de faire des films pendant vingt ans...  

jeudi 30 décembre 2010

Des hommes et des dieux (film de Xavier Beauvois)


Ce film primé à Cannes raconte l'histoire des moines français assassinés en Algérie dans les années 90. Un peu trop long et lent à mon goût, il n'en reste pas moins un bon film. La tragédie de ces moines c'est qu'ils savaient quel danger ils couraient et malgré cela ils ont choisi de rester, même lorsque les massacres sont arrivés tout près de leur lieu de résidence. Toute la prouesse du réalisateur est de nous faire comprendre leur comportement, et même, de nous faire adapter leur point de vue, et c'est réussi ! Rappelons aussi que la disparition de leur corps reste un mystère non élucidé à ce jour ; seuls leurs têtes ont été retrouvées. Un mystère sur lequel le film n'avance aucun indice.

mercredi 29 décembre 2010

Amore (film de Luca Guadagnino)


Voici un film qui est passé presque inaperçu, et pourtant c'est un beau film.

Emma est la femme d'un riche industriel italien. Elle passe sa vie entre de multiples obligations familiales. Elle incarne la femme modèle mais derrière son masque social se cachent tant de choses refoulées, à commencer par sa fille lesbienne, son attrait pour le meilleur ami de son fils (un jeune cuisinier qui habite à la campagne) et son désir de se libérer...

L'histoire est très psychologique avec de multiples rebondissements. La fin est un peu bizarre, car elle est plus symbolique que réelle. J'ai bien aimé la scène où elle parle en russe avec son fils (le personnage d'Emma est d'origine russe). Cela peut être interprété comme une parabole : entre une mère et son enfant, il y a des langages que eux deux seuls comprennent mais pas les autres tout autour...

mardi 28 décembre 2010

The Social Network (film de David Fincher)


Pour raconter l'histoire de Facebook, David Fincher, le réalisateur du film The Social Network, a choisi de reconstituer des scènes de l'interrogatoire de Mark Zuckerberg et de certains de ses collègues qui l'accusaient d'avoir volé leur idée. Mêlant ces scènes d'interrogatoire avec de longs flashbacks, le film réussit à nous captiver par une dynamique soutenue. Surtout qu'il raconte une histoire qui touche plusieurs centaines de millions de personnes. L'histoire de Facebook.

Je suis sûr qu'on diffusera ce film dans les collèges d'ici 50 ans, pour raconter aux générations futures comment tout avait commencé, dans la tête d'un étudiant de Harvard en 2003.

lundi 27 décembre 2010

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (film de Woody Allen)


En tant que modeste fan de Woody Allen, j'ai été déçu cette année par la livraison annuelle 2010. Avouons-le : Woody Allen sait faire mieux que ça, beaucoup mieux. D'accord, il y a ses thèmes de prédilection : l'absurdité, le hasard, la mort, etc. Mais on reste loin du Woody qu'on connaît.

Dans ce film les destins de plusieurs couples, jeunes et moins jeunes, se mêlent et s'entrecroisent. C'est peut-être la multiplicité de ces personnages qui est à l'origine de la complexité du film. Pourtant, l'intrigue est simple : un écrivain en panne d'inspiration ne supporte plus sa belle-mère, une alcoolique abandonnée par son mari après 40 ans de mariage. Il tombe aussitôt sous le charme d'une voisine habillée en rouge et essaie de la conquérir.

Malgré tout, Woody Allen est toujours drôle et on est sûr de passer un bon moment en sa compagnie !